LETTRE PAROISSIALE * Mars/ Avril 2016*

Touché par La Vie

(lire Luc 7, 11 – 17, réveil du fils unique à Naïn)

Jésus touche un mort,
c’est-à-dire un cercueil, geste bien connu dans notre monde, chose quasiment inacceptable au temps de Jésus. En touchant la personne décédée, en touchant son cercueil nous saisissons la dernière possibilité d’être « en contact » avec son départ définitif. Nous nous rendons compte du fait indéniable que nous sommes tous des êtres fragiles qui seront touchés par la mort dans un avenir proche ou lointain. Dans notre mortalité nous sommes tous pareils ce qui procure une certaine consolation dans un monde trop injuste …

Jésus touche un mort,
c’est-à-dire un cercueil. Qu’est qu’il voulait exprimer par ce geste ? En fait, il y avait deux cortèges ce jour-là près de Naïn : Jésus avec ses disciples et une grande foule qui les suivait ET un cortège funèbre sortant de la ville, le mort, sa mère (une veuve) et beaucoup d’habitants de la ville. Deux mondes différents se rencontrent et un choc est inévitable. Qui aura le dernier mot ? Quelle est notre première et dernière certitude ? Comment celui qui représente Dieu d’une manière personnelle et directe envisage-t-il la confrontation avec la tristesse de la mère du jeune homme mort. N’oublions pas qu’au temps de Jésus ce fils-là était le seul espoir de survie pour sa maman. Les autorités religieuses en plus avaient tendance à condamner cette pauvre femme : sans doute il y avait des péchés cachés dans sa vie qui sont à l’origine de ce jugement divin sur sa vie ….

Jésus est touché
par la tristesse et le désespoir de la mère (« En voyant la femme, le Seigneur fut rempli de compassion pour elle … »). Il est touché dans le plus profond de son être. Il ressent le choc entre deux mondes opposés : la vie et la mort. Pourtant il lui dit de ne pas pleurer, chose choquante à nos yeux. En tant que pasteur je ne pourrais et je n’oserais jamais ‘imposer’ un tel genre de consolation. Mais Jésus indique que nous ne devons pas nous incliner devant l’impact que la mort nous cause. Certes, la mort est omniprésente et semble régner depuis le commencement de l’univers. Seulement, il représente Dieu le créateur des cieux et de la terre. Lui, il est la personnification de la Parole de Dieu qui a fait tout et sans laquelle rien a été fait (Jean 1, 3). Jésus conteste à la mort son pouvoir sur l’humanité. Le monde n’appartient pas à la mort mais à Dieu qui est le propriétaire de tout.

Touché par la tristesse de la mère,
Jésus la touche dans son cœur en lui rendant son fils. Même s’il était mort, Jésus lui commanderait de se lever, puisque c’est Lui qui le dit, la Parole vivificatrice divine. Le carême et la fête de Pâques nous amènent à l’attouchement du Seigneur. Nous nous levons également dans un nouveau comportement, nous nous lèverons au dernier jour

 

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